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SEQUANA

Le SEQUANA : Paquebot mixte, a été construit en 1898 à Belfast, dans les chantiers Workman, Clark & Co. Lancé en 1898, baptisé « CITY OF CORINTH ».

Longueur entre perpendiculaires         138 m

Largeur hors tout                                     16 m

Creux sur quille au livet du pont         9,40 m

Déplacement                                      12 000 tx

Port en lourd                                        7 200 tx

Jauge brute                                          5 557 tx

Jauge nette                                           3 497 tx

 

 

 

Le BATEAU

Acheté en septembre 1912 à l’"Ellermann Line" par la "Cie Sud-Atlantique" le "CITY OF CORINTH" est rebaptisé "SEQUANA" du nom d'une région de la Gaule, comme ses frères de la compagnie le GALLIA, le LUTETIA, le MASSILIA. Il est divisé en 7 compartiments par 6 cloisons étanches, toutes montant jusqu’au pont supérieur, une seule, celle de l’arrière a 2 portes,. Une machine à triple expansion de 3500 CV et une seule hélice le font naviguer à 11 nœuds en croisière.

Sa construction est en tôle d’acier riveté. Sur le pont se trouvent 2 mâts et 1 cheminée. On retrouve sur la cheminée, de couleur jaune-ocre avec un manchon noir, le coq gaulois rouge sur bague noire, sigle de la compagnie

 

Le DEPART

Le paquebot français, armé d’un canon de 75mm marine à l’arrière et muni de TSF, a quitté Dakar le 28 mai 1917 à 10H:40, à destination de Bordeaux. A son bord, 400 tirailleurs Sénégalais et 166 passagers civils ou militaires en congé ou en permission, dont 36 femmes et 31 enfants. Le personnel du bord était composé de 99 officiers et marins, il y avait, en tout, 665 personnes au départ de l'Afrique, tous ne reviendrons pas.

La cargaison comprenait, pour cette croisière, 2000 tonnes de blé, 830 balles de peaux et laines, 26000 sacs de haricots, 14000 sacs de sucre, 15000 sacs de café et 4000 balles de tabac.

 

La ROUTE

La route indiquée au Capitaine par le Commandant de la Marine à Dakar était la suivante:

Passer à une distance d’au moins 200 milles du Cap Finistère, couper le parallèle 46°45’ N dans l’ouest du 111ème méridien Greenwich, faire route ensuite de manière à passer à 1M1/2 dans le SW de l’Ile d’Yeu, puis faire route sur la bouée d’observation située à 8 milles à l’ouest du phare des baleines.

 

L'ATTAQUE

Le 08/06/1917, vers 3h du matin, le SEQUANA se trouve à 5 milles au sud du feu de la pointe des corbeaux en route, au S/SE , à 11 nœuds, il fait beau temps, nuageux, presque calme, avec mauvaise visibilité, mais la lumière de la lune bien qu’atténuée par les nuages, doit certainement permettre à un sous-marin,, loup des mers à l'affût, de distinguer le navire à une bonne distance, même éclairage réduit.

 

Le SOUS-MARIN

A ce moment le commandant du UC-72 dans la lumière pale de la nuit Atlantique, ne pense qu'à ajouter le tonnage du Sequanna à son tableau de chasse, il ne sait pas encore que lui même périra le 22 septembre de la même année avec son sous-marin en mer du Nord, et passe à l'attaque.

La torpille frappe à tribord au niveau de la cloison séparant la chaufferie de la soute à charbon avant, c'est la panique générale, la plupart des passagers dormaient et les hommes de quart n'ont pas aperçu la silhouette du.U-Boat.

 

Le NAUFRAGE

Le capitaine du navire, espère encore l'échouer et donne l’ordre d’attendre pour amener les embarcations, rassure les passagers et décide qu'il faut mettre le bateau à la côte assurant ainsi le sauvetage de tous.Bien que cette annonce ne se soit pas réalisée , elle a contribué à assurer l’ordre des opérations d’évacuation.

Alors que les cales du paquebot se remplissent inexorablement, le Capitaine croit aperçevoir l'ennemi par tribord arrière et donne l’ordre aux canonniers de tirer, 3 coups partent, mais les obus se perdent dans les profondeurs.

Le bâtiment s’enfonçe graduellement par l’avant et il coule à 3H30, en chavirant sur bâbord, une demi heure après avoir été atteint.

Octave Baudon, officier de quart s’éloigne du bord avec l’embarcation n°3 quand il est arraisonné par le sous-marin allemand, le commandant lui demande alors le nom du navire, sa jauge ainsi que le nombre de passagers puis le quitte, comptant maintenant le SEQUANA parmi ses trophées .

Une partie de l’équipage fût recueilli par 2 chalutiers et débarqué à Port Joinville (Port Breton à l'époque), les autres rescapés ont pu rejoindre les plages de l’Ile d’Yeu à l'aide des canots.

199 personnes ne regagnèrent jamais la cote et disparurent cette nuit là

 

Jean AUDOUIN & Romain DURAN ont plongés denombreuses fois sur le Sequana, Jean nous conte leurs impressions

LE SEQUANA, UN TEMPLE SOUS LA MER

Port de la Meule, 8heures30, Romain m’attend de pied ferme, mais ça fait déjà plusieurs jours qu’ensemble, nous espérons les conditions idéales pour cette plongée en eaux profondes. Le moteur tourne depuis déjà dix minutes. Nous embarquons notre matériel, puis filons plein sud. Au bout d’une demi-heure de route, nous arrivons sur zone, à l’étal de basse mer.

 

Temps clair, mer calme. Nous nous trouvons à 6 miles des côtes. Nous regardons la mer tout autour de nous: les côtes ne sont plus visibles. Une légère brise vient de se lever. Le sondeur ainsi que le GPS nous indique clairement la présence de l’épave. Cà y est nous y sommes…

Le mouillage crocheté, Romain et moi nous équipons rapidement dans un silence quasi religieux. Dernières recommandations avant le départ: 15 minutes maxi, direction l’avant des chaudières.

Les souvenirs de nos dernières virées sur le SEQUANA défilent rapidement. Les interrogations fusent: a-t-il changé? La faune est elle toujours la même? Quelles surprises va-t-il nous offrir cette fois ci? Aurons nous de la visibilité?

La descente s’amoce rapidement le long du mouillage avec une forte sensation d’excitation mêlée toutefois à une légère angoisse. On n’y voit à peine à 2 mètres devant soi. L’eau froide saisit nos visages. Les 15 premiers mètres se font dans un brouillard complet.

20 mètres. Le voile s’entrouvre, l’eau devient cristalline et déjà se dessin ne sur le fond, par 30 mètres plus bas, la silhouette sombre du mastodonte d’acier. A cette profondeur, il apparaît intact. L’émerveillement est déjà à son comble, j’ai le sentiment de connaître cet endroit sur le bout des palmes. Nous fondons sur lui avec la précision d’un prédateur sur sa proie. Point d’impact: L’avant de chaudières. Le courant est pratiquement inexistant.

 40 mètres. On distingue maintenant clairement la structure squelettique du bateau. Nous transperçons de plein fouet un mur de tacauds, veillant sur lui comme un troupeau de sentinelles. Nous y voilà…

L’ambiance qui hante ces lieux est surréaliste. Deux coquettes prises sous le feu de nos torches, nous y accueillent: leurs robes multicolores explosent au milieu de cet espace incolore. C’est un environnement à la fois très clair, lumineux, mais paradoxalement, il n’y existe aucune teinte; Il y fait frais, et des ombres furtives traversent constamment notre champ de vision.

Il règne sur le SEQUANA, une atmosphère indescriptible, à la fois fantomatique, envoûtante et mystique… L’étrave se dresse intacte, les nacres encore figées dans leurs écubiers; voilà tout ce qui subsiste des sa fierté d’antan… Et pourtant, elle reste plantée là, comme pour lancer un dernier défi à l’océan.

Sur les débris du pont avant, ouvert comme une fleur, trône le treuil du mât de charge sous lequel quatre homards aux pinces respectables ont élu domicile.

Au milieu des tôles, un ilôt de sable accueille une forme ovale en cristal: c’est un plafonnier. Les faisceaux de nos lampes, en le transperçant de part en part, laissent apparaître un gigantesque arc-en-ciel. Hallucinant!

Nous arrivons sur les chaudières, véritable cathédrale sous-marine. Nous remontons facilement de 10 mètres. De gros lieus au regard vif, nagent à notre rencontre. Ils viennent gober les chapelets de bulles qui s’échappent de nos détendeurs. Au sommet d’une des chaudières repose nonchalamment une lotte avec sa tête en partie dans le vide . On penserait presque à une gargouille. Nous passons sur le pont arrière, où l’on distingue clairement l’arbre d’hélice. Par endroit se trouvent encore des restes de pont en bois.

Cap sur la proue. Elle n’a pas bougé d'un iota. Cet imposant arc de cercle ferait presque penser à un cirque romain. Dans cette alcôve sombre, un vieux congre balafré ondule en pleine eau.

15 minutes, déjà… Nous engageons notre remontée vers la surface.

Plongeurs : Jean AUDOUIN & Romain DURAN

 

 

 

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