Sous-Marin Prairial

 

 

 

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Prairial

 

 

Nous sommes cette semaine, sur les côtes de la Seine Maritime, à 12 milles au large du Havre, où il y a presque un siècle, le 29 avril 1918, Le PRAIRIAL, sombre suite à un abordage avec un vapeur britannique

 

Nuit du 28 au 29 avril 1918, , Le PRAIRIAL, sous-marin français, sortis des chantiers de cherbourg, tente une approche de la zone du Havre , à une dizaine de nautiques dans le nord Ouest, pour y combattre les sous marins allemands alors redoutés, en cette fin de guerre .

Ce submersible français lancé en 1908 par les chantiers DCN à Cherbourg sous l’immatriculation Q55 est le second bâtiment militaire français du même nom

Le premier , une chaloupe canonnière construite en 1795 armée de trois canons basée à Toulon, est destinée à des missions de patrouilles côtières entre Toulon & Marseille, puis affectée à l’acheminement de matériel militaire pour l’armée italienne jusqu’en 1797 où elle disparaît des registres.

Cent dix ans plus tard, le deuxième Prairial est un sous-marin à vapeur, le cinquième de la série des Pluviôse du programme de 1905.

En 1896, le Ministre de la marine propose un concours qui favoriserait la recherche d'un modèle de « sous-marin » plus efficace que les précédents. Un jeune ingénieur trouve une solution:

 un navire pouvant naviguer en surface mais aussi en plongée.

Son idée est validée et dés juin 1898 le 1er torpilleur submersible est mis en chantier c'est le NARVAL.

7ans plus tard, la construction de ces sous-marins devient industrielle et en août 1905, on ordonne la mise en chantier de 18 submersibles du type "Pluviôse" submersible à double coque construit d’après les plans de l’ingénieur LAUBEUF, dont le Q55 appelé PRAIRIAL, est lancé le 26 septembre 1908,

 l'année suivante 16 autres suivrons, mais du type "Brumaire" cette fois.

En tout 9 sous-marins du type PLUVIOSE sortiront de DCN Cherbourg (Pluviôse, Ventôse, Germinal, Floréal, Prairial, Messidor, Thermidor, Fructidor, Vendémiaire).

 LE prairial est Long de 51mètres et large de 5 metres; il déplace 550 tonnes en plongée propulsé par 2 moteurs électriques de 225 CV pour une vitesse de 9 nœuds mais en surface, ses 398 tonnes propulsé par 2 machines alternatives de 350 CV l'emmènent à 12 nœuds, les diesels prévus n’étant pas encore disponibles. 

Il est alors armé de 1 tube lance-torpille dans l'étrave, 4 tubes lance-torpilles à l'extérieur, 2 appareils de lancement Drewieki et 8 torpilles de 450mm.

Ses essais s’achèvent le 19 juin 1909.

Il alors est fin près pour patrouiller dans les eaux de l'empire, et éventuellement affronter ses homologues mortel: les U boats Allemands


C'est le 26 septembre 1908 qu'est lancé le prairial à Cherbourg, sous marin français construit par la Direction des constructions navales, après un concours destiné à  remplacer les anciens submersibles français jugés peu efficaces.

Le lieutenant de Vaiseaux Latron est son commandant en 1912 et le juge "excellent plongeur, bien que sa vitesse, autant en plongée qu'en surface soit trop faible, à son goût: : " Pour attaquer les bâtiments actuels, écrivait-il, il faut aux sous-marins 20 nœuds en surface et 11 à 12 en plongée ". et en outre Il estimait son effectif insuffisant.

En 1914, lorsque éclate la 1ère guerre mondiale la France dispose d'une flotte de 46 sous-marins et submersibles aptes au combat. 28 autres sont en construction, dont 22 seront livrés entre 1916 & 1918.

 la flotte est divisée en 3 escadres basées à Cherbourg, Calais, et Brest.

En compagnie des sous-marins anglais, ils surveillent la Manche et protègent les convois de transports de troupes dans le Channel.

Vers la fin de la guerre, la flotte de sous-marins rejoint le Havre et plus précisemment l’estuaire de la Seine où les attaques sous-marine sont fréquentes depuis 1915.

Le PRAIRIAL fait partie de ce dispositif au sein de la 1ere flottille de sous-marins de la Manche, incorporé en 1912 à la 2eme escadre

Les sous-marins allemands montrent leur redoutable efficacité en torpillant de nombreux bateaux et en mouillant des mines, très efficaces, jusque dans la rade du Havre.

L'activité des sous-marins français basés au Havre depuis 1915 n'est pour sa part, pas couronnée de succès et les patrouilles se succèdent sans résultat.

mais une tragédie est sur le point d'endeuiller l'escadre de la manche:

Le 29 avril 1918, à 02:35, le PRAIRIAL avec 26 hommes à bord sous le commandement du Lieutenant de Vaisseau Le Moullec sort de la rade du Havre accompagné de son escorteur CHASSEUR II Commande par 1er maître RIOU, pour y effectuer une plongée de 15 heures dans une zone dont les limites ont été communiquées à tous les bâtiments en mer et aux convois venant d’Angleterre.

Une heure plus tard, il franchit la passe du Grand Barrage avec son escorteur, qui se tient, suivant ce qui a été convenu, à cent mètres de lui par bâbord. Ils font route au Nord ouest. à la vitesse de 9 nœuds.

La nuit est très sombre et la tempête s'est levée, notre prairial se faufile entres les vagues de Nord ouest qui lui font plus que jamais porter le nom de sous-marin

Les navires prévus apparaissent au loin, il s’agit d'un important convoi qui navigue à grande vitesse au sud est. vers la passe du Barrage, hors de la route du Prairial qui peu maintenant plonger dans les eaux plus profondes.

Au loin, Le Moullec  peut apercevoir le TROPIC vapeur anglais, qui demain va tragiquement croiser son destin.


Il est 3 h 25 du matin ce 29 avril1918, et le sous-marin français PRAIRIAL viens de sortir du HAVRE il y a moins d'une heure, à la rencontre d'un convoi venant d'angleterre et qu'il doit protéger.

Son commandant, le lieutenant de vaisseaux , à attendu de trouver des eaux plus profondes qui lui, permettrait de plonger et d'attaquer si l'ennemi se présentait

Au loin il aperçoit les feux d'un transport à vapeur anglais appartenant au convoi, Le TROPIC venant de Spithead et convoyé par deux destroyers qui le précédent.

Pour une raison inconnue, le TROPIC se déporte de sa route et la rectifie à 1/2 vitesse, se sachant dans une zone interdite.

Or, cette route se rapproche, sans qu'il ne s'en doute, de celle du sous-marin qui a pourtant allumé ses feux de route.

Le convoi est maintenant tellement proche, que le mMullec et son équipage peuvent entendrent le bruit des machines à vapeur des navires .

De l'escorteur, on pense que l'anglais va passer entre le PRAIRIAL et le CHASSEUR II, ce dernier lance 2 coups de sifflets pour mettre en garde.

Le PRAIRIAL dans la houle parait très proche de l'anglais son capitaine le sait et s'en inquiète, mais pas assez car lorsque qu'il aperçoit l'étrave du vapeur, il ne panique pas et donne instantanément l'ordre de faire machine arrière barre à tribord

La manœuvre n'est  pas achevée que la collision se produit.

A 03h48 le TROPIC, éperonne le PRAIRIAL par tribord à 5 mètres de l'étrave malgré les manœuvres de l'escorteur pour le protéger.

A 3 h. 50, le TROPIC stoppe ses deux machines, cherche mais ne voie plus le bateau abordé disparu dans la nuit et la tempête,

à 04h10, le TROPIC remet en route sans même avoir mis ses embarcations à la mer, ne pensant pas que cela soit nécessaire. juste un léger choc à l'avant, pas de quoi s'affoler, en ces temps de guerre.

à 5 h40 le TROPIC mouille en rade du havre lojn d'imaginer su'il est à l'origine du terrible tragédie.

Mais revenons quelques heures auparavant.

Sur le "Chasseur II", à un quinzaine de mètres du PRAIRIAL, on entend crier " Au secours ! ". Il est alors 4 h 00 du matin.

Les ballasts tribord avant du PRAIRIAL sont crevés et l'eau s'engouffre. L'officier en second tente vainement de mettre en route les pompes d'apaisement mais le sous-marin s'enfonce déjà, dans le sillage du TROPIC.

Ses ballasts  crevés, Il commence à s'alourdir et ne manœuvre plus Le capitaine le moullec, resté à son poste dans le kiosque crie à ses hommes " Prenez vos bouées ! - Sauvez-vous ! ".

Les contacts sont rompus, et le Chasseur 2, passe et repasse sur les mieux de l'abordage sans voir le Prairial son équipage et son capitaine en train de sombrer dans la tempête, seuls !


Prenez vos bouées et sauvez vous, sauvez vous!

Nous sommes a bord du sous marin Prairial le 29 avril1918 et Il est 3h25 du matin

Nous venons de partir du havre dans le mauvais temps il y a quelques heures, à la rencontre d'un convoi anglais, mais le Tropic ne nous à pas vu en nous à aborder dans la nuit et la tempête brisant nos ballast tribord.

Heureusement notre escorteur le Chasseur 2 n'est pas très loin.

A bord du sous-marin malgré les ordres d'apaisement, c'est la panique, l'eu monte vite, les vagues balaient le kiosque et tous le monde tente de sauver sa vie tant le naufrage est certain maintenant

Tous tente une sortie mais le kiosque est difficile d'accès, certains y arrivent et saute dans les eaux froides de la Manche, passant à coté du lieutenant de Vaisseau Le Moullec resté à son poste.

D'un seul coup, l'étrave s'enfonce, les hélices sortent hors de l'eau, le Prairial disparaît, entrainant dans ses entrailles le reste de son équipage et son valeureux commandant.

Le Chasseur II parvient à sauver 7 des hommes qui ont été précipités à la mer, restant jusque l’aube sur zone pour essayer de trouver en vain d’autres survivants. il y aura 19 disparus dont le commandant.

Dans la matinée l'escorteur abandonne les recherches, rentre au quai des remorqueurs au Havre, et y débarque les survivants.

Survivants qui dirons qu'il n'ont aperçu aucun homme de quart sur le vapeur Espagnol. Déjà à cette époque…..

Le 1er mai, quelques jours après la perte du sous-marin, on repère sa position grâce au mazout qui s'échappe des soutes. une bouée est alors mouillée pour signaliser l'épave mais déjà on pense au renflouement

C'est un scaphandrier du service de sauvetage de Cherbourg qui dès le lendemain, est envoyé sur zone:

A  sa première plongée il trouve Le PRAIRIAL  droit sur le fond et  peu endommagé mais il a un terrible choc lorsqu'il découvre le cadavre d'un marin encore cramponné à l'échelle du kiosque et qu’il lui est impossible de dégager pour le ramener à la surface..

L'amiral commandant en chef à Portsmouth, sir Stanley Colville, télégraphia à l'amiral Didelot, gouverneur du Havre, pour lui exprimer au nom de l’Amirauté << les regrets très profonds et ses sentiments attristés à l’occasion de ce deuil causé à la Marine Française... >>

Puis quelques jours après, c'est les courants et , la marée qui ramène à la cote près des falaises les premiers corps sans vie des malheureux marins du prairial, qui avaient pourtant réussi à sortir du sous-marin, mais n'ont pas eu  la chance de croiser le navire de sauvetage.

Et enfin ce n'est en Juin que les vagues déposent sur la grève le corp du lieutenant de vaisseaux Le Moullec, disparu à son poste au commandes du sous marin Prairial. des funérailles solennelle lui seront rendues.

mais les malheurs du Prairial ne sont pas encore finis.

Hier , un peu avant 4 heures du matin le Prairial à coulé, au large du havre, éperonné par un vapeur Anglais qu'il devait escorté, le Tropic.

Le vapeur a à peine senti le choc et n'a pas jugé bon de chercher d'éventuels naufragés.

Durant plus d'un mois, quelques un des corps des malheureux sont venus s'échouer sur la grève dont celui du commandant disparu au commandes de son sous-marin

Mais ce n'est toujours pas fini pour notre sous-marin qui repose maintenant par un vingtaine de mètres de fond au large des cotes de seine maritime.

AU mois de Mai un dirigeable confond le sillage de la bouée avec celui d'un sous-marin, bombarde les lieux puis les destroyers à proximité accourent et grenadent à nouveau la zone avant de reconnaître la bouée et leur terrible méprise.

Un scaphandrier descend une fois de plus sur l’épave et constate que les explosifs ont endommagé l'arrière, qui maintenant montre une large déchirure sur bâbord et que le sous-marin s’est couché par 45° à tribord, toute tentative de renflouement est alors abandonnée.

Le rapport officiel conclura "L'épave ne présente plus qu'un intérêt d'ordre moral".

Le Prairial repose encore aujourd'hui à douze milles au large du port du Havre, dans le nord ouest avec certainement une bonne partie de son équipage par 21m de profondeur.

L’épave est orientée au sud ouest et est partiellement enfouie dans le sable suivant les saisons et les marées. le kiosque est encore en bon état, tout du moins il y était la dernière fois que je l'ai visité.

Certains ont réussi à y pénétrer, mais pour ma part les tombes sous-marines me font froid dans le dos, j'en ai trop connu.

Ses 2 hélices en bronze de 63 kg chaque ont été remontées et déposées à Cherbourg par les plongeurs démineurs le 29 avril1988, puis ce fut le tour du périscope du sextant quelques années plus tard

Triste sort que subit cette série de sous-marin de la DCN, 2 d’entre eux ont comme le PRAIRIAL disparu en mer

Le sous-marin PLUVIOSE sombre avec ses 27 hommes d'équipage devant Calais le 26 Mai 1910 à la suite d'un abordage avec la malle de Douvres, le paquebot à roues PAS DE CALAIS

Le VENDEMIAIRE lors d’exercices coule dans le Raz Blanchard après un abordage avec le cuirassé ST LOUIS le 08 juin 1912 entraînant la perte de la totalité de son équipage.

Et le FLOREAL disparaît en Mer Egée le 1er août 1918 après son abordage par un vapeur anglais.

Mais nous aurons bientôt l'occasion de reparler de ces instants tragiques de l'histoire des sous-marins français de type Pluviose .

 

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