LANCASTRIA

 

 

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LE LANCASTRIA, La plus grande Tragédie Maritime

Souvenons nous, le Titanic 1500 morts, le Lusitania 1100 morts et le Lancastria près de 5000.

C'est un Paquebot britannique construit par les chantiers William Beardmore de Glasgow qui est lancé l’été 1922 sous le nom de TYRRHENIA, pour le compte de la Cunard White Star Line.

Son port d’attache est Liverpool.

En 1923, Il est affecté à la ligne Hambourg / Southampton / New York, puis en 1924, son nom n’étant pas apprécié, il est rebaptisé et devient le LANCASTRIA.

De 1926 à 1932, il assure le service hebdomadaire de Londres à New York, puis il est transformé en bateau de croisière de luxe pouvant accueillir 1846 passagers.

Les navigations Charters et croisières plaisir sont très à la mode à la fin des années 1920. Chaque hiver par exemple, la Cunard Line organise une croisière de 4 mois autour du monde, traversant les Caraïbes, longeant l’Amérique du Sud puis l’Afrique, vers la Méditerranée et Mer noire et durant l’été navigue vers la Scandinavie, Europe de l’Ouest, Est-Canada et effectue de courts voyages aux Bermudes, Nassau et Havana.

Les prix d’un voyage autour du monde en 1929 débutent à 900$.

Jusqu'au début de la deuxième guerre, le grand paquebot effectue sans encombres aucune, de nombreuses traversée et croisières.

Dés les 1eres semaines de conflit, la Royale Navy réquisitionne de nombreux naviress et les affecte à des services auxilliaires de transport de matériel, de troupes et encore comme navire Hôpital.

A son tour, le Lancastria est enrolé en septembre 1939 par l'Amirauté puis est repeint en gris et sert au transport de marchandises dans l’Atlantique.

Le 05 mars 1940, il effectue son 1ere service comme transport de troupes.

Au printemps 1940 il participe à l’évacuation des troupes britanniques de la campagne de Norvège, là il essuie une attaque aérienne sans être touché.

Il continue donc son travail sans se douter qu'il deviendra un des plus importantes tragédies maritimes de ce vingtième siècle.


Le Lancastria, très grand paquebot de la cunard, est comme d'autres, réquisitionné par la couronne anglaise dès le début de la guerre.

De nombreuses fois il est utilisé pour l'évacuation des troupes et des blessés, aussi en mai 40,Le désastre de la campagne de Flandre force les alliés à rembarquer leurs troupes précipitamment à Dunkerque.

Dans la Somme les allemands triomphent il donc temps pour les britanniques d’évacuer, afin d’emporter le plus de monde possible. les paquebots sont une fois de plus mis à contribution.

Fin mai le Lancastria est envoyé à Liverpool pour un carénage, le capitaine avait donc donné au maximum de marin une permission, mais le 14 juin tout l'équipage est rappelé pour une mission urgente.

Alors que la défaite de la France est imminente le Lancastria sous les ordre du Commandant Sharp, est sélectionné pour participer à l’opération Aerial, qui consiste à l’évacuation des troupes britanniques repliées dans l’Ouest de la France.

Il gagne donc Plymouth où il doit rejoindre d’autres grands bâtiments affectés à la même mission.

En 1939, l’aviation allemande est devenue une arme dangereuse pour les navires alliés, en effet  si elle existait bien pendant la 1ere guerre, les avions n’avaient pas la capacité de transporter une quantité de bombes suffisante pour couler un paquebot ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

Le LANCASTRIA appareille donc de Plymouth le 14 juin, en compagnie du FRANCONIA et de l'ORONSAY, eux aussi bâtiments de la Cunard, en direction de St Nazaire pour rapatrier bon nombre de soldats britanniques.

Arrivé au niveau de Brest, le FRANCONIA est touché par l'aviation allemande et doit faire demi tour vers Liverpool.

Le 17 juin le LANCASTRIA mouille dans l’estuaire de la Loire, à 10 milles du port  dans la rade des Charpentiers, devant la pointe de St Gildas avec de nombreux autres navires.

En effet les Anglais ont réquisitionné tout ce qui pouvait naviguer pour évacuer leurs hommes menacés par l'avance éclair des Allemands, et Le 16 juin ce sont environ 90 bâtiments de toutes tailles qui sont stationnés à proximité de la côte.

Mais la nuit précédente l'ennemi à largué ses terribles LMB, mines chargées de 800 Kg d'explosif dans la rade.


Au large de l'estuaire de la Loire, c'est près de 90 navires de toutes tailles qui attendent le repli de forces alliées.

Mais la veille, dans la nuit du 15 au 16 juin, les avions allemands ont largué des mines magnétiques dans la rade.

Alors que quelques dragueurs s’afférent à nettoyer la zone, l’un d’entre eux « La Courbe » saute sur une de ces mines.

A 11 h00 le 16 juin alors que le dragage des mines n’est pas encore terminé, commence l’embarquement des troupes britanniques sur les navires,

On estime à 57000 hommes le nombre de rapatriés par St Nazaire entre le 16 et 19 juin.

Le 17 juin , on embarque toujours sur les différents bâtiments ancrés dans l'estuaire et au large de Retz à l'aide de plus petits navires qui acheminent les troupes vers les transporteurs.

C'est notamment 3 torpilleurs anglais et 3 grands remorqueurs le Minotaure, le Titan et l’Ursus servent de navettes.

Vers 13 heures l’alerte d’un raid aérien en approche est donnée, un bombardier touche le navire voisin du LAncastria, l’Oronsay mais sans gravité.

Le Lancastria prend à bord plus de 6000 évacués (dont bon nombre de femmes et enfants, soldats, aviateurs de la RAF…) fuyant l’avancée ennemie.

le nombre exact est inconnu, mais officiellement incluant l’équipage il varierait entre 5300 et 5500.

L’association des survivants du Lancastria estimera plus tard, que 9000 personnes se trouvaient à bord, car déjà à 13h00, il sont 6000, et il nous reste encore 3 heures avant la catastrophe.

Vers 15 h00, le capitaine Sharp décide de prendre la mer mais doit attendre l’arrivée d’un escorteur car le paquebot n’est armé que d’un canon de 102mm et de mitrailleuses.

Il ne pourra donc se défendre face aux terribles Loup gris, les sous marins, et la Luftwaffe.

Mais ne voyant pas d’escorteur arriver Sharp décide d’attendre l’Oronsay pour faire route vers l’Angleterre ensembles, en convois.

Il ne sait pas que ce sera une erreur fatale pour plus de 5000 personnes.


 

Le 17 juin 1940 à 15 h00, le lancastria , grand paquebot de la cunard, est au large de l'embouchure de la loire, et attend un autre navire de la compagnie, l'Oronsay, pour lever l'ancre, et rapatrier plus de 6000 réfugiés vers l'Angleterre.

Il est 15h50, alors qu'il s’apprête à lever l’ancre, lorsqu'un .3eme raid aérien de 6 à 8 Stukas JU87 de la VIII Flieger Korps, le vise

Le commandant donne l'ordre de riposter avec ses faibles moyens, rappelons qu'il ne dispose que d'une mitrailleuse anti-aérienne, mais cela n'aura aucun effet, et il sera touché à 4 reprises.

La 1ere bombe éclate dans la cale n°2 causant un terrible carnage au milieu d’environ 800 personnels de la RAF placés là.

Il y aura très peu de survivants

Le navire gravement endommagé commence à gîter sur tribord ,

le commandant Sharp demande alors aux hommes de se diriger sur le coté bâbord dans le but d’équilibrer le bâtiment.

La seconde bombe transperce la cale n°3 libérant 500 tonnes de mazout épais et gluant, qui rapidement envahi le navire.

La troisième bombe traverse la cheminée et explose dans la salle des machines, sous la flottaison.

La 4eme pénètre dans la cale n°4 explosant les flancs du bâtiment laissant la mer s’engouffrer dans les cales.

Toutes ce explosions font plus de 1000 morts immédiats et des centaines de blessés.

Dans l’urgence on essaie de lancer les canots de sauvetage encore en bon état, mais du fait de cette gîte importante, rare sont ceux peuvent être libérés.

Même si les canots avaient eu la possibilité d'être mis rapidement à l’eau il n'y avait aucun espoir de sauver autant d'hommes avec si peu de moyens en si peu de temps.

C'est seulement deux canots qui réussissent à s'éloigner chargé d'hommes, de femmes et de blessés, les autres chavirent sous des tirs de l'aviation allemande ou bien surchargé par les survivant fuyant le désastre.


Le lancastria est touché à quatre reprises par l'aviation allemande, plus de 100 morts en un seul passage.

Maintenant le grand navire blessé gîte dangereusement, et la mer s'engouffre rapidement dans les cales.

Seuls deux canots de sauvetage parviennent à être lancé, et les survivants du carnage sont pris de panique, prisonnier du monstre d'acier.

Ceux qui savent nager se jettent à l’eau et péniblement nagent à travers la nappe de mazout qui brûle même par endroits.

Puis, à 16h12, après être resté à peu près stable , à flot, mais gîté durant une vingtaine de minutes, le LANCASTRIA chavire sur bâbord , se retourne complètement et coule par l’avant, emportant plus de 3000 personnes, hommes, femmes, enfants, civils et militaires.

Dès le début de l'attaque, des ceintures de sauvetage avaient été distribuées mais largement insuffisantes, seulement 2000, pour plus de 6000 personnes

Des centaines de survivants se sont accrochés à la coque retournée espérant que le navire tienne jusque l’arrivée des secours, mais l’aviation allemande s’acharne sur l’épave, et mitraille par des passages en basse altitude coque du navire et hommes à la mer.

Ceux qui avaient pu se jeter à l'eau et s'éloigner, réussisse a survivre à l'afflux de mazout et aux tirs des mitrailleuses de la lutwaffe.

Tous les navires anglais et français, remorqueurs et plus petites embarcations, qui se trouvent dans l’estuaire ou le long de la côtes affluent rapidement, se portent au secours des naufragés et récupèrent des centaines d'hommes dans l'eau et le pétrole.

Ceux qui avaient réussi à échapper aux explosions, à la noyade et aux tirs de mitrailleuses succombent par centaines sur les bateaux venus à leur secours asphyxiés par le mazout avalé.

Les registres officiels parlent de 2477 survivants ce qui amènerait le nombre de victimes à plus de 3000 dont 66 membres d’équipage mais c'est plus vraisemblablement 5000 personnes qui disparaissent cet après midi là, à l'embouchure de la loire, au large de St Nazaire.


La Lancastria, paquebot de la cunard, affecté en transport de troupe, à coulé, entraînant avec lui des milliers de personnes ce 17 Juin 1940, au large se St Nazaire

Il était prévu, à l'origine, pour transporter 3000 hommes, mais Churchill annonce dans ses mémoires le chiffre d'au moins 5 milles embarqués le 17 juin (5310 selon la Lloyd).

D'après les témoignages d'officiers rescapés, 9000 hommes dont 50 civils avec femmes et enfants se trouvaient à bord et les pertes s'établiraient entre 4000 et 7000 noyés ou tués.

Un groupe d'homme parvient à gagner la côte à la nage mais sont faits prisonniers par les allemands.

Les cadavres s'entassent pendant des mois sur les côtes alentours, la baie de Bourgneuf où portent les courants de l’estuaire en reçoit une grande partie.

Le nombres de corps est si important que beaucoup ne peuvent être enterrés dans des cercueils, et ce sont souvent dans des tranchées entre 2 couches de pailles qu’ils sont été inhumés.

Les cimetières de La Baule, de Pornic, de l'Herbaudière et les tombes de l'île du Pilier en portent la cicatrice indélébile.

Cette tragédie est considérée si démoralisante, par Churchill lui-même, que le drame ne sera divulgué durant 5 années, gardé comme Secret d’Etat, toute publication fut interdite afin de ne pas affoler la population britannique par le nombre important de victimes à un moment très grave de leur histoire, et jusque l’été 1945,la Grande Bretagne n’a pas connaissance de ce drame.

En 1988 une plaque est posée sur le Mémorial du Lancastria.

Aujourd’hui l’épave repose au large de la pointe Gildas , à 9,5 milles au SW de St Nazaire par 24m de fond à quelques km de la côte, le long du chenal de la Loire. L’épave est officiellement reconnue comme tombe de guerre. Le Site est marqué par la bouée de chenal marquée « Lancastria ». Pour dégager le chenal, l'épave a été couchée et gît maintenant sur son flanc bâbord, entière très endommagée au centre, faune très dense, tôles coupantes

« Nul ne saurait revenir plonger avec joie sur le Lancastria. Plus qu’ailleurs, bien que les courants et les marées l’aient recouvert d’un linceul de vase et d’anémones blanches, l’épave est un cimetière. Ce navire qui comme tous les autres, a connu un destin tragique, laisse à son visiteur aquatique l’impression d’une après-midi de Toussaint."

 Ecrit un de mes amis pascal roberts dans mon ouvrage sur les épaves sous marine.

 

 

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