EMPIRE JAVELIN

 

Nous sommes cette semaine, en milieu de Manche à 21 mille de la pointe de Barfleur dans le nord est, et 35 milles de l'île de Wight dans le sud, par une soixantaine de mètres de fond, où il y a, plus de 60 ans, le 28 décembre 1944, l’EMPIRE JAVELIN, sombre, torpillé par le sous-marin allemand U 772

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Nous naviguons cette semaine en milieu de Manche à 20 milles de la pointe de Barfleur dans le Nord Nord Est, où il y a, plus de 60 ans, le 28 décembre 1944 en fin d'après-midi, L’ EMPIRE JAVELIN, paquebot de la Blue Star Line, disparaît touché à mort par les torpilles ennemis.

Il se dirige vers le Havre, où beaucoup des hommes embarqués qui venaient de passer les fêtes en famille repartent de Southampton pour rejoindre leurs unités .

Ce grand Paquebot à vapeur est mis en chantier par Consolidated Steel Corporation Yard à Wilmington en Californie

Il est construit sur commande de la Blue Star Line qui comptait le nommer CAPE LOBOS mais le navire en cours de construction est réquisitionné par le Ministère des transports de la Guerre, et lancé en janvier 1944 sous le nom EMPIRE JAVELIN

Il est affecté juste à temps à l'opération Overlord comme LSI, transport de troupe

il fait 122 mètres de long pour 18 mètres de large, et jauge 7177 tonneaux.

Ses 400 CV lui permettent de naviguer à 11 Nœuds

Le soir du 04 Juin1944, à Portland les compagnies d’assaut des 115 et 116èmes Régiments d’infanterie de la 29ème division embarquent à bord des transports de troupes "Empire Javelin" et "Thomas Jefferson" en destination de la plage Normande d'"Omaha Beach" pour le deuxième  assaut du 06 juin 1944.

L'EMPIRE JAVELIN, commandé par le Capitaine McLean transporte 1300 soldats presque tous d’origine de Bedford, ainsi que 18 embarcations de débarquement, des LCA, lancées en 3 vagues de 6.

Le soir venu, la plage d’Omaha ensanglantée était "libérée" mais les garçons de la 29ème Division avaient payé très cher leur débouché du rivage, de par ce fait la ville de Bedford perdit beaucoup de ses jeunes pour lesquels un mémorial est dédié. nous disent les historiens

Après cette opération il navigue entre la côte sud de l'Angleterre et la côte Normande et pourvoit à l'approvisionnement des troupes, tout comme l'Empire broadsword et beaucoup de ces navire affectés à la classe empire.

Mac lean est confiant, le débarquement est maintenant terminé, et la routine s'installe, mais , une fois de plus c'est sans compter les loups gris, ces sous marins allemands, les terribles U-Boats, qui hantent encore la Manche dans cette période d'après débarquement.

et Ewald Rademacher commandant du U-772 attend son heure.


Hier nous avons participé au débarquement des troupes alliées a bord d'un grand paquebot à vapeur affecté des sa construction au transport de troupes et au débarquement de Normandie, mais aujourd'hui, les sous-marins allemand guettent.

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Pendant le mois de décembre 1944, Ewald Rademacher commandant du sous-marin allemand U772 de la 11ème U-flotille, a pour consigne d'attaquer tout navire acheminant des approvisionnements aux alliés en France, aussi il se positionne au meilleur endroit pour cela, et navigue entre la presqu'ile du cotentin et les cotes anglaises, guettant tout navire ou convois qui passerait à sa portée.

Son chargement de torpille est intact, aussi en plus des captures qu'il peut réaliser avec son armement de pont il peut espérer couler bien d'autres navire.

Mais..... revenons à notre paquebot, l'empire Javelin.

Il navigue alors au sein du convoi WVP 23 en compagnie du MONOWAY, escortés par la frégate française des force navale française libre l'ESCARMOUCHE cédée en février 44 par les anglais et commandée par le Capitaine de Corvette De Lesquen du Plessis-Casso qui arrive tout juste de la Marine à Casablanca .

C'est le 28 décembre1944 l'empire Javelin et le MONOWAY appareillent de Portsmouth à 11h20 escortés par la frégatte Escarmouche et il fait beau en Manche en ce début d'hiver, un petit vent d'amont, de Nord Est.

A un nautique derrière l'escarmouche les navires se mettent en file et font cap vers la france à une vitessse de 12 noeuds. Dès qu'ils arrivent en haute mer, et comme il est d'usage, pour prévenir une éventuelle attaque des U-Boats, le convoi avance en zigzags.

Ceci sans danger apparent pendant plus de trois heures.

Les voilà maintenant en milieu de manche assez loin dans le Nord est de la pointe du Cotentin, dont ils aperçoivent à peine le Cap de Barfleur.

Cela fait trois heures qu'ils naviguent, quand tout à coup, à 14 heure 40, c'est l'explosion, l'empire javelin viens d'être touché par une torpille sur tribord. Rapidement le paquebot prend de la gite et c'est la panique à bord.

A 15 heure le feux se propage dans la salle des machines et c'est une deuxième explosion qui se fait entendre, sur l'arrière cette fois.

Le navire en fort mauvaise posture, s'enfonce doucement par l'arrière et menace de sombrer à tout instant.

L'ordre est donné de mettre les embarcations de sauvetage à l'eau, mais comment sauver 1500 soldats et 180 membres d'équipage sur seulement deux canots.

Seuls les blessés, déjà nombreux sont donc embarqués, pendant que l'Escarmouche parti à la chasse du sous-marin reviens pour recueillir les naufragés.

Il alors est 15h15 et l'empire javelin se stabilise, l'escarmouche repart en chasse.

a 14h40, l'empire javelin, grand paquebot à vapeur affecté  au transport de troupes et au débarquement de Normandie, est touché par une torpille et menace de sombrer, en milieu de Manche à 230 nautiques dans le Nord Est de cap Barfleur

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C'est à 15 heures, alors que l'empire javelin est déjà salement touché, qu'une deuxième explosion se fait entendre à l'arrière du Navire.

Le capitaine donne alors l'ordre d'évacuer, mais les canots ne sont pas assez nombreux. Aussi ce sont les autres navires du convois qui sont chargé de récupérer les plus possible de rescapés. Les blessés ayant été évacués en priorité sur les deux embarcations de sauvetage.

à 3 heures ¼ donc, l'escarmouche qui à déjà recueilli de nombreux naufragé reprend sa chasse au sous-marin, car le Navire Blessé gitant sur tribord est stabilisé, et le danger semble moins immédiat.

Mais ce n'est qu'un cour répit, car moins d'une plus tard, juste avant 4 heures, le capitaine envoie ce message laconique "je coule".

Du coup l'escorteur reviens en route toute, et tente d'accoster l'Empire Javelin

Dans l'entrefaite le temps s'est dégradé et ce n'est plus la gentille brise de nord est que nous avions au départ mais un fort vent d'Est établi qui hache la mer et fait rouler bord sur bord le paquebot à moitié coulé, rendant extrêmement dangereux tout accostage

le Commandant de l'escorteur décide d'aborder le transport sur son bâbord ne voulant pas se trouver sous les superstructures du paquebot s'il arrivait à chavirer.

Le long de la coque de l'EMPIRE JAVELIN se dressent des bossoirs fixes d'un type spécial prévu pour la mise à l'eau d'engins de débarquement aussi à chaque coup de roulis, la passerelle et la coque de l'escorteur reçoivent de constants coups de boutoir risquant de gravement endommager l'Escarmouche et surtout de faire des blessés supplémentaire.

Malgré tout le transfert des soldats, habitués à obéir aux ordres de sauvetage sans paniquer, se déroule avec sans froids et régularité, sans qu'aucun d'entre ne soit  blessé, ou pire, ne tombe à la mer.

Tous, plus de 1500 hommes, embarquent donc à bord de la frégatte Française.

Afin d'éviter le chavirement de cette dernière, pas conçues pour embarquer tant d'hommes et leur paquetage de guerre, ils se répartissent dans les cales, les salles de machine, sur le pont, respectant les ordres des officiers français.

Enfin c'est finit il ne reste à bord du Javelin que le commandant et 5 de ses officiers. La frégatte peut transférer son chargement humain sur le destroyer HMS Hargood arrivé à la rescousse.

Finit... pas tout à fait, un matelot entend des cris provenant, d'une des cales.

Des hommes sont coincé à l'intérieur du navire en train de sombrer.


L'empire Jevelin, paquebot à vapeur transportant les troupes en rendfort au Havre, est en bien mauvaise posture.

Touché par une torpille, il sombre par l'arrière et l'ordre d'évacuation est donné. Mais il reste encore des hommes à l'intérieur .

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Alors que les derniers des 1732 hommes débarquent de l'Empire Javelin entrain de couler, touché par une torpille à l'arrière, des matelots entendent les cris de malheureux coincés dans les cales bloquées lors de la première explosion.

Malgré le danger imminent, la difficulté d'embarquer à bord de l'épave qui roule bord sur bord, l'ingénieur Goarant et le Mécanicien laffont sautent à bord de l'empire Javelin et se font transférer l'oxygene nécéssaire au découpage des panneaux de cales, déformés et bloqués.

Il faut faire vite car à tout moment le navire torpillé menace de sombrer entraînant avec lui les malheureux coincés à fond de cale mais aussi leur sauveteur.

Enfin, ça y est, au bout d'une longue heure, les panneaux sont ouvert et les derniers marins embarquent sur l'Escarmouche.

Il est temps car une ultime explosion se fait ressentir, et l'empire Javelin se dresse, l'étrave pointée vers le ciel, son commandant et les cinq officiers restés à bord n'ont que le temps de se jeter à l'eau et de voir disparaître sous leurs yeux terrifiés, l'empire javelin il est presque 17 heure 30.

Devant ce dernier évènement, le commandant la frégate fait mettre sa baleinière à l'eau et récupère enfin les 6 derniers naufragés du paquebot transport de troupe, nageant dans la mer formée et glacée au beau milieu de la manche.

Mais ce n'est toujours pas fini, il faut maintenant alléger l'escarmouche et transférer les naufragés sur les deux LCT arrivés en même temps que le destroyer britannique, mais la mer se fait de plus en plus forte.

Seuls la moitié des rescapés sera transbordé, impossible de faire mieux, malgré de nombreux essais, et en plus la nuit tombe.

L'escarmouche allégé reprend donc la mer avec encore mille hommes de trop à bord, alors que le LCT fait route, lui, vers le Havre.

mais ordres et contre-ordres sont fréquent en cette période de fin de guerre et c'est vers 22 heures que la frégatte française reçoit l'ordre de faire demi tour et de rejoindre également le Havre.

Il y arrivera à 4 heures du matin, et déposera sain et sauf, l'état major, les soldats et matelots rescapés du naufrage de L'empire javelin.

Il n'y aura eu en tout dans cette terrible journée que 7 victimes, tués lors de l'explosion de la torpille.

Mais le U 772 est toujours à l'affût , quelque part dans la manche.


C'est à 14h 40, le 28 décembre 1944 que L'EMPIRE JAVELIN est torpillé sur tribord par le U 772.

hier la plupart des hommes ont été sauvés mais aujourd'hui le sous-marin allemand le U 772 est toujours là.

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Hier les rescapés de l'empire Javelin on été déposé, sauf pour la plupart, au port du Havre, seul sept hommes manquait à l'appel, victimes de la torpille du U 772.

Mais la marine alliée est sur les dents, trop nombreux sont les sous-marins allemands qui ont attaqué et coulé les transport de troupes et escortes en cette période de Noel 44.

Cela à commencé le 23 décembre par les vapeurs britanniques DUMFRIES et SLEMISH torpillés eux aussi par le U772 et son commandant le Capitaine Rademache.

Puis le 24 et le 26 c'est le U486 et Gehard Meyer qui coulent le paquebot Leopoldville et la frégate Capel.

Le 28 , comme nous venons de le voir, c'est le tour de l'empire Javelin  toujours par le 772, puis le 29 c'est le vapeur américain ARTHUR SEWALL et enfin le liberty ship  BLACK HAWK qui sont torpillés encore une fois par le 772, qui totalise 35 000 tonnes de prises à son tableau de chasse

Le U772 est alors traqué, et 2 jours plus tard, son périscope et son schnorkel sont repérés par un chasseur canadien , un Leigh Light Wellington du squadron 407 de la Royal Canadian Air Force .

La zone est alors ciblée et 6 grenades sous-marines sont catapultées, causant la perte définitive du U772 au Sud de Portland .

Le Javelin repose, lui, à 20 milles dans le Nord, nord est de la pointe de Barfleur par plus de 60 mètres de fond et il remonte encore de 15 bon mètres

L'épave est cassée à plusieurs endroits mais est encore en a peu près bonnes conditions.

L'avant pointe vers Barfleur, c'est à dire au sud est, et la partie la plus haute est au milieu et promet de belles plongées.

Malheureusement la profondeur importante nous impose le plus grand respect de la sécurité ainsi que des paliers de décompression.

De plus comme la zone est très couranteuse il faut absolument faire attention aux coefficient de marées pour avoir la chance de visiter une partie de l'empire Javelin en toute sécurité.

Je n'y suis allé qu'une seule fois, pour ma part, chercher une drague à coquille coincée dans l'ancre, toujours à poste, et n'ai malheureusement pas eu suffisamment de temps pour explorer la totalité de l'épave.

je suis juste passé en suivant le câble du chalutier de la passerelle, écroulée aujourd'hui, à l'étrave où j'ai retrouvé et décroché ma drague.

J'ai juste le temps de jeter un oeil et de m'apercevoir que l'épave parait très belle et très haute, que déjà, je doit remonter ayant juste assez d'air pour finir ma plongée.