CAMPEADOR

 

 

 

 

L'utilisation de ces images est strictement interdite sans l'autorisation de CERES -  © 2005 CERES - Tous droits réservés  - All rights reserved

 

 

C'est sur les cotes de la Hague, dans le nord du cotentin que nous partons cette semaine. Nous allons à la découverte d'une très belle épave, un vapeur espagnol, coulé en 1891 , le Campeador

****************

C'est les chantiers Laing & Sons Limited en grande bretagne qui construise un vapeur destiné au commerce international, et le lancent en juin 1884.

Il est appelé Campeador, d'un terme espagnol ancien qui signifie "Guerrier illustre"

Il fait alors 70 metres de long et 10 metres de large pour 1258 tonneaux; ses machines à vapeur compound de 95CV ne lui permettent pas d'aller très très vite, vu sa masse importante.

Son Commandant se nomme Lagrange-Menaudez et travaille pour la compagnie Jose Rocca

La Compagnie Jose Rocca est fondée en 1874 en Espagne à Gijon (Espagne) son principal actionnaire est Jose Rocca Blanch, et arme à cette époque 5 navires dont le CAMPEADOR 1er du nom qui coule prés de l'île de Niglot le 22 janvier 1883, éperonné par la frégate anglaise "Knight of the Thistle".

Aussi c'est dès le début de l'année 1884 que la compagnie Jose Rocca charge les chantiers de construction navale Sir J.Laing & Sons limited de Sunderland en grande bretagne de construire un autre navire qui porterait le même nom , sa coque serait en acier et sa construction de type SPARDECK,

Spardeck signifie que le pont s'étend de l'avant à l'arrière, sans interruption, sans dunette ni gaillard.

Les navires à spardeck n'ont généralement pas de pavois mais des filières rigides en tubes métallique.

C'est un pont supérieur en matériau léger qui doit être peu chargé, et seuls des passagers ou du fret léger peuvent y prendre place.

Et c'est ainsi que le capitaine Lagrange Menaudez , prend son commandement et dirige son navire de main de maitre, sur les mers du Nord, de la Manche, mais bien entendu en médittérannée ou il effectue le plus clair de ses voyages durant ces sept années, avec ses 23 hommes d'équipages.

Aujourd'hui nous partons de Valence, et nous nous dirigeons vers Rouen, le voyage est long mais nous transportons un véritable trésor dans le flancs du navire :

Une cargaison de 1500 barriques de vins espagnols, et de nombreuses bouteilles d'alcool, le tout pour 600 00 francs de l'époque, plus que la valeur totale du navire estimé lui à 400 000 francs

une réelle fortune.

Mais c'est sans compter les abords périlleux des cotes de la Hague, la brume fréquente en cette période de l'année et surtout les courants violent qui nous font dériver dangereusement.


Nous sommes cette semaine à bord du Campeador, un navire marchand espagnol et nous transportons un véritable trésor.

1500 tonneaux de vin d'espagne, vena t de valence à destination de Rouen

***************************

Aujourd'hui, nous sommes le dimanche 25 juillet 1891, et il est 5 heures le matin, nous naviguons à proximité des cotes de la hague et le jour à du mal à se lever à cause de la brume, fréquente dans cette région.

Nous sommes à bord du vapeur espagnol Campeador et nous transportons une véritable fortune, pour 600 00 francs de vin d'espagne à destination du port de Rouen, repartis dans 1500 barriques.

Mais la zone est difficile  les courants extrèmement violent, nous sommes  en grand péril, égarés dans la brume

Le capitaine Lagrange-Menaudez est perdu et tente de mettre le cap vers le large, sentant la cote proche mais trop tard!

C'est le choc, ceux qui dorment sont reveillé en sursau,t et les hommes de quart projetés sur le pont.

Le Campeador viens de chatouiller les hauts fonds au large d'Auderville.

Sentant que son navire est salement touché Lagrange-Menaudez , fait route toute vers la cote la plus proche, mais rien n'y fait, la mer est basse,et le Campeador est cerné de toutes part par les écueils de la pointe de la Hague.

Tot dans la matinée, la brume se lève, et des marins pêcheurs aperçoivent le vapeur échoué en très mauvaise posture.

Les pêcheurs rentrent vite à terre et préviennent aussitôt le canot de sauvetage de Goury qui part aider les naufragés toujours échoués sur les rochers, il les accueille à son bord et les dépose à terre à Omonville la Rogue, pas très loin de chez guy Mauger, en milieu de matinée vers 9h30.

Mais la mer, basse au moment du naufrage monte vite et soulage le navire, qui se remet à flotter à demis enfouit.

Il part à la dérive, avec le courant qui le pousse rapidement vers le nord est, et passe enfin omonville, mais sans équipage ni commandant

Son capitaine l'aperçoit au loin et décide de remonter à bord avec 10 de ses hommes., espérant ainsi sauver une partie de sa précieuse cargaison.

Pour cela il part avec le canot de sauvetage d'Omonville et fait route vers Raz de bannes au large de landemer.

Après moins d'une heure de route, ils arrivent tout près du steamer naufragé, qui s'enfonce dangereusement de l'avant, l'hélice est presque hors de l'eau, quand tout a coup, il coule à pic sous les yeux ébahis des équipages du canot et du campeador.

Il est onze heure du matin, soit 6 heures après le choc, et nous sommes à moins de deux mille dans le nord de Raz de bannes


Hier le cargo espagnol Campeador a coulé au large des cotes du cotentin avec dans ses flancs un véritable trésor 15000 fut de vin espagnol.

Dans un effort désespéré le capitaine a tenté de revenir à son bord pour récupérer la précieuse cargaison, mais trop tard le vapeur coule à pic.

*****************************************

Il est près de 11 heure du matin lorsque le commandant Lagrange-Menaudez, capitaine du Campeador accompagné de 10 de ses hommes arrive près du navire qui s'enfonce de l'avant, mais trop tard il coule à pic sous leurs yeux médusés, à moins de deux mille de Raz de bannes en face Landemer:

Cargaison et vapeur sont alors considérés comme totalement perdus.

Le canot de sauvetage de Goury partis à la rescousse rentre dimanche à midi et demi dans le port de commerce de Cherbourg avec, à sa remorque le canot et les 10 hommes d'équipage du campéador.

Le reste des hommes est arrivé lui par la voiture d'Omonville et descendu à l'hôtel du Vieux Château

Tous les rescapés sont mis aussitôt à la disposition du consul d'Espagne, à Cherbourg chargé de les rapatrier.

Dès que l'on aura reconnu la position exacte du navire, le sauvetage sera tenté. Le corps et la cargaison étant assurés à la déjà célèbre Lloyd's pour près d'un million de franc de l'époque.

De quoi attirer de nombreuses convoitises.

Les journaux ayant amplement relaté la mésaventure du Campéador et surtout son précieux chargement, que déjà on cherche sur les plages les parties de la cargaison que les vents et courants auraient pu ramener, et on s'affaire en mer à trouver la position exacte de l'épave.

Si on sait que le Campéador à coulé au large de Raz de Banne, bien entendu on ne sait pas ou exactement ni la profondeur, aussi il va être très dur d'en effectuer le sauvetage.

Dans les jours suivant la mer commence son œuvre et on recueille déjà au quartier d'Omonville, 2 caisses renfermant des bouteilles d'alcool et une barrique de vin qui est venue échouer sous le restaurant Voisin à Landemer.

Avec un peu de chance, c'est le chargement tout entier qui va s'échapper des flancs du navire et flotter si les futailles ne sont pas trop pénétrées par l'eau de mer.

On croit d'ailleurs que les objets ainsi recueillis à la cote reviennent pour un tiers à qui les trouve et les recueille.

Mais il n'en est rien dans le droit maritime de l'époque.

Ce n'est que lorsque les objets ont été recueillis à plus de 3 milles au large, que le sauveteur a droit au tiers de l'objet sauvé.

Au contraire si l'épave a été recueillie soit au plein soit dans cette limite elle appartient à l'Inscription maritime mais nous verrons demain que déjà des spécialistes s'affairent.

 

Hier, 25 juillet 1891, sous les yeux de son capitaine, le Campeador, vapeur espagnol, chargé de 15000 barriques de vin à coulé au large d'Omonville.

Aujourdhui l'épave commence à rejeter une fraction de sa cargaison et nombreux sont ceux qui espère en récupérer une partie à la cote.

**********************************

Nous savons maintenant que ce n'est que lorsque les objets ont été recueillis à plus de 3 milles au large, que le sauveteur a droit au tiers de l'objet sauveté. et sinon, c'est l'inscription maritime qui la fait vendre, et le produit de la vente, est remis au propriétaire des marchandises s'il est connu ou à ses assureurs et à défaut versé à la caisse des invalides de la Marine.

C'est donc syndic d'Omonville qu'incombera la mission de recueillir tout ce qui va sortir des flancs du Campeador et d'agir au mieux des intérêts du propriétaire ou assureurs.

Le représentant d'une Compagnie anglaise de sauvetage examine les lieux et déclare que tout espoir de sauver le navire et la cargaison doit être abandonné.

Et pourtant ce sauvetage va être tenté par un plongeur havrais du nom de Pestel qui a coopéré dans des conditions semblables au sauvetage du steamer BRETON sombré lui aussi au large de la Hague

Une grande difficulté indépendamment de la profondeur est qu'on ne peut sauver la cargaison sans sauver le navire.

Avec des procédés violents, une torpille, des explosions de dynamite immergée, on pourrait certainement arriver à briser la coque en fer de l'épave de sorte que les barriques de vin, plus légères que l'eau de mer, remontent à la surface et que l'on puisse les récupérer.

Mais impossible, sans s'attirer les foudres des propriétaires de la cargaison encore en attente d'arrangements.

Pestel, dont on avait annoncé les intentions de sauver le Campeador arrive à Cherbourg quelques jours après la catastrophe et réussi à descendre à presque 40 metres de fond, sur le pont du navire englouti

Il constate que le Campeador a coulé le cap au sud Est, c'est à dire dans le sens du courant et que les panneaux sont intacts.

Mais la profondeur est telle qu'il a cru y rester.

Il nous dit qu'à peine descendu il sent que l'air envoyé par les pompes en surfaces est chaud, puis deviens rare.

Il perd à moitié connaissance et fait par deux fois le signal de remontée sur sa ligne de vie, mais rien ne se passe, en surface le signal n'est pas compris. Ce n'est qu'à la troisième tentative qu'enfin on le hisse à l'air libre et dévisse son casque.

Juste à temp quelques secondes de plus et il perdait connaissance

Cette aventure décourage définitivement Pestel qui  repart pour le Havre, abandonnant le Campeador.

Mais demain nous irons plonger ensemble sur cette épave qui gît maintenant par 50 mètres de fond, au large des cotes du cotentin.

C'est sur le Campeador, steamer espagnol, coulé au large de la hague, avec 15000 barriques de vin espagnol, en juillet 1891 que nous plongeons aujourd'hui

************************************

C'est peu après le naufrage du campeador que le havrais Pestel a tenté un sauvetage de l'épave et surtout de sa cargaison, mais, on le sait maintenant sans succès, et il a fallut près d'un siècle pour qu'un autre scaphandrier, Pascal Palmer, s'y intéresse et redécouvre l'épave.

Partons plonger ensemble aujourd'hui sur le Campéador.

Nous quittons le port d'omonville et nous dirigeons vers la bouée Raz de Banne, à environ 4 mille dans l'Est puis nous faisons cap au Nord un mille et demi pour enfin arriver sur le lieu de l'épave.

La profondeur de 50 metres, nous oblige à préparer un balisage solide, et généralement lorsque on plonge dans cette région on a pas souvent la chance d'avoir une excellente visibilité rarement plus de cinq metres

ça y est, nous sommes partis, et arrivons sur le vapeur espagnol par la poupe, à 36-37 metres on commence à apercevoir les bossoirs toujours en place, tout de suite nous reconnaissons là une belle épave, légèrement gitée sur babord.

Nous arrivons maintenant sur le fond, déjà 50 metres, il faut remonter un peu afin d'économiser du temps de palier, et de l'air, juste le temps de voir les quatre pales de l'hélice et le safran orienté vers bâbord.

lorsqu'on arrive sur le pont nous avons un peu moins de 44 mètres, tout de suite, on remarque le secteur de barre, toujours en place, orienté lui aussi à 45°, nous suivons maintenant le coté du navire sur tribord, passons devant des cales ouvertes par le temps et la mer, et tombons nez à nez avec une grosse cheminée, puis ce qui doit être la cuisine.

je dit cela car de la vaisselle magnifique repose quelques mètres plus bas, des plats, des assiettes, des soupières, toutes avec un liseré rose et portant le nom de la compagnie Jose rocca et le Port d'attache, Barcelone.

En continuant on s'aperçoit que l'état de l'épave se dégrade légèrement , et sur l'avant, la proue, ce ne sont que les membrures qui apparaissent, le plus impressionnant est cette étrave à l'envers comme tous les navire de cette fin de siècle. Mais il est temps de repartir car nous sommes descendus de plusieurs metres en passant du coté tribord. Là un  des énorme homard du Campeador nous fait signe et nous sommes obligé de remonter d'un mètre ou deux pour passer par dessus ce qui semble être un mat de charge, enfin nous retrouvons l'arrière et ses deux bossoirs tournés vers l'extérieur.

Juste à l'endroit, entre les deux, ou il y maintenant quelques années Pascal palmer à fait cette surperbe découverte, une grosse pièce en bronze, comme un cylindre plat, avec des trous sur les cotés.

Tous de suite identifié par Pascal comme l'énorme moyeu de la barre à roue, puisque dessus est gravé "Campéador".