Duplex Drive Sherman DD Tanks

Valentine tank / Dual Drive tank / Amphibious tank

 

Utah Beach located

La solution sort du cerveau d’un chef de char britannique de la 79ème DB : le Général Percy Hobart : Dés mars 1943, Hobart, retenu pour nombreuses de ses inventions excentriques, reçoit la mission de résoudre la façon d’obtenir l'appui blindé sur les plages pour le D-Day. Il dessine plusieurs types de tanks pour ce travail de soutien. Le plus incroyable des projets développé par son équipe d’ingénieurs est celui ci d’un char pouvant flotter.

Il apporte l’idée du Duplex Drive (conduite double), le Sherman M4 alors utilisé, est modifié par l’adjonction d’hélices orientables. Une jupe de toile est attachée au tank pour former une coque. Lorsque complètement érigée, la jupe de toile permet au tank de flotter, et en usant ses propulseurs, il peut se rendre par ses propres moyens sur la plage. La jupe de toile est maintenue en place par des traverses gonflables.

En théorie, un tank est une cible facile pour l’ennemi mais dissimulé derrière, et flottant sous une jupe de toile, les artilleurs allemands n’étaient pas en mesure de les reconnaître et ainsi donc ces fameux chars pouvaient investir les plages sans être découverts et ouvrir le passage à l’infanterie.

Plusieurs unités de blindés reçoivent alors un entraînement spécial dans cette arme secrète :

Fritton Lake, est une grande pièce d’eau intérieure dans un parc faisant partie d’une grande propriété à environ 5 milles de Great Yarmouth (E Angleterre). Etant un endroit convenablement isolé, facilement isolable du reste du monde, Fritton Lake est sélectionné comme terrain initial d’entraînement pour l’équipage des DD tanks amphibies qui commencent à s’entraîner ici dés 1943.

Le M4 Sherman Duplex Drive était probablement l’une des armes les plus secrètes américano-anglaise encore jamais vues de la WW2. Les alliés jugent son développement nécessaire pour l'invasion amphibie de l'Europe et les Anglais emploient pour la première fois leurs exercices de tank Valentine dans la pratique et le développement de véhicule. Ainsi la plupart de projets blindés spéciaux de véhicule ont été délégués à la soixante-dix-neuvième Division blindée britannique sous le commandement du Major Général Hobart, il était normal de lui assigner la tâche du développement de stratégie pour les véhicules d'assaut Duplex Drive puisque c’est lui qui était à l’origine du projet.

Le 4th/7th Royal Dragoon Guards du général Percy Hobart est maintenant engagé dans la plus spectaculaire et critique opération de toute la guerre: OVERLORD.

Tout ce travail avait un but: avec le moral en baisse son Régiment retourne à Fritton pour une nouvelle base d’entraînement, à l’intérieur de Great Yarmouth, où il y avait une multitude de vastes zones navigables et lacs. La signification de ces manœuvres devient évidente simultanément avec la révélation du “dispositif secret” promis par le Divisional Commander: les tanks allaient devenir amphibie d’après l’idée du général Hobart.

La flottaison de cet engin se fait grâce à des écrans de toiles rétractables attachées sur la coque du tank juste au-dessus des chenilles Lorsque érigées ces toiles forment un écran maintenu tendu par des traverses et tubes d’air compressé, des cylindres comprimés d'air installés sur l’avant remplissaient les tubes en caoutchouc de soutien pour l'écran (avant que le compresseur d'air ait été ajouté plus tard), enveloppant le véhicule complètement au dessus de ses chenilles. Les parois de toiles étanches fournissent une surface de déplacement réduisant le poids total du tank le rendant ainsi flottable, et deux hélices montées à l’arrière pouvant être engagée ou désengagée par le conducteur, actionnés dans l'eau par le même moteur qui actionnait le tank à terre, c’est ainsi que ces véhicules amphibies prennent le nom de DD tank (Duplex Drive ou conduite double bien que surnommés DONALD DUCKS par les tankistes américains). Une fois à terre l’écran peut être replié instantanément par un dispositif, et le tank retrouve sa fonction initiale sur ses chenilles.

Au départ la curieuse apparence du char amphibie amène à quelques grivoiseries, avec ses écrans de toiles érigés – il ressemblait à une baignoire – mais lorsqu’en train de flotter avec seulement 3 pieds d’écran visible au dessus de la ligne de flottaison, il semblait être transformé en un innocent canot de toile, ne laissant aucune allusion à l’arme mortelle qui se cachait au dessous.

Bien sur ce nouveau dispositif comporte un inconvénient: si l’écran devait être sévèrement endommagé, le tank coulait par le fond assurément, son équipage prisonnier dans des conditions terribles.

C’est pourquoi en complément de leurs exercices de navigation sur le Fritton Lake, le soutien moral des équipages est assuré, les officiers et les hommes des 4th/7th Dragoon guard sont maintenant soumis à la formation submersible avec l'appareillage d'évasion de Davis « Davis Escape Apparatus” et une coque de tank de démonstration qui pouvait être immergée au fond d’un puits. Ainsi on préparait l’évacuation du dit bâtiment en cas d’avarie.

Le Sherman jauge prés de 32 tons, 6m de long pour 2.6m de large et 2.7 m de haut ; une coque blindée de 50mm sur l’avant et 75mm sur la tourelle, propulsé par des moteurs diesels lui procurant une vitesse moyenne de 29 miles par heure. Le poste d’équipage est prévu pour 5 personnes: le Commander, le mitrailleur et l’opérateur radio dans la tourelle, le pilote et co-pilote à l’avant dans l’étrave

Mais la plus impressionnante mesure est celle de la forte frappe de son canon de 75mm, stabilisé en élévation, et jumelée à une mitrailleuse de 30in Browning et une autre à l’arrière, dans l’étrave pour le co-pilote. Un troisième canon lourd de 50 est installé dans la tourelle pour la défense anti-aérienne quoique très peu utilisé. Pourtant pendant la Bataille de Normandie, le Sherman s’avère nettement inférieur du point de vue de sa puissance de feu et son blindage insuffisant pour affronter les Panther et les Tiger de l’ennemi équipés de 88 mm ayant une portée de tir quatre fois supérieure à celle du 75 mm des Shermans. Cependant la fiabilité mécanique du Sherman, demandant moins de temps d'entretien et sa rapidité permettent d’assurer la supériorité numérique sur le champ de bataille, contrairement aux allemands qui ne pouvaient remplacer leurs unités perdues.

Les quatre escadrons de la 2ème Division blindée canadienne ayant reçu également les Sherman DD et l’entraînement nécessaire sont chargés d'appuyer les opérations de débarquement sur la plage de Juno Beach, le 6 juin 1944.

Les 741ème & 743éme bataillon de blindés sont envoyés pour l’assaut d’Omaha Beach le 06 juin. Ces unités ont pour but d’atteindre en premier la côte et ainsi fournir le support des troupes arrivant derrière eux. A 19 kms des côtes Normandes, les Sherman DD sont mis à l'eau. Les jupes escamotables des chars sont supposées les rendre amphibies, mais la distance est beaucoup trop importante pour leur capacité de franchissement, l'état de la mer ne faisant qu'augmenter la difficulté... Les premiers engins commencent à s'enfoncer ...

Le 2 juin le régiment embarque avec ses barges de débarquement ainsi que ses DD Shermans et mouillent aux bouées sur la route de Southampton. Car, à cause de la dernière tempête la mers de la Manche est redoutable et le débarquement avait été reporté pour un certain temps.

Finalement, après trois jours sur le bateau, la traversée s’effectue et les personnels des véhicules amphibies sont réveillés pour préparer leurs engins en gonflant les tubes de soutien d'air et en attachant les traverses de soutien de tube à leurs engins avant la mise à l’eau. D’après le plan initial une fois largués des rampes de lancement du LCT, les DD tanks devaient prendre d’assaut le rivage, bien dissimulés derrière leurs jupes de toiles d’apparence inoffensive, suivis par l’infanterie.

Le jour du débarquement d’étranges « baignoires » de toile cachant des véhicules venant de l’océan débarquent sur la plage. Un conducteur de tank plus tard a dit, "je me rappelle toujours certains des artilleurs ennemis se tenant du haut de leurs poteaux nous regardant avec leurs bouches grandes ouvertes."

Ce procédé fonctionnait, mais seulement dans des eaux calmes et pendant de courtes périodes.

Pour le secteur d’Omaha-Beach sur les 64 DD tanks engagés les 32 du secteur Ouest ont été portés par leurs 8 LCT jusqu'à la plage, sans pertes. Coté secteur Est , les véhicules Duplex Drive tanks du 741eme bataillon blindé sont alors lancés de barges de débarquement à 4 km des plages. L’arrivée de ce 1er groupe dans une mer agitée depuis la dernière tempête est un désastre. Les tanks avaient été conçus pour opérer en eau calme. Mais le Dday il en est autrement.

Il semble que les tanks ont été envoyés à la mer à la distance prévue dans le projet initial, mais cette décision n'a pas pris en compte les conditions réelles. Sous l’effet de la houle les barges de débarquement les transportant dérivent loin de la plage ciblée, obligeant les tanks à naviguer flanc face aux hautes vagues, augmentant alors la quantité d’eau éclaboussant et chiffonnant leurs jupes de toile.

Sur la plage d’Omaha, secteur Est, seuls deux tanks DD sur les 29 du départ, skippées par les hommes avec assez d'expérience de navigation en temps de paix pour savoir qu’il ne faut jamais tourner leurs côtés aux vagues, arrivent saufs à la plage. Sur les autres plages le procédé a assez bien fonctionné. En fait certains des tanks largués avaient eu le temps de transmettre par radio aux unités suivantes un avertissement pour ne pas larguer les tanks d’aussi loin- permettant de sauver vies et tanks essentiels à la bataille. C’est ainsi que l'escadron entier canadien de Paddy constitué de 18 DD shermans est arrivé sur la plage safely, du en partie à l'insistance de la Royale Navy de s’approcher le plus prêt possible de la plage avant de libérer les tanks (à la différence des Américains qui ont perdu la majeure partie de leur DD Shermans)..

Une fois à la côte les équipage larguent les écrans de toiles libérant la portée des armes du tank et une fois la brèche ouverte ils poursuivent le support de l'infanterie à travers la ville.

Mais la transformation des tanks n’était pas terminée. C’est une des raisons de la plupart des succès du D-day qui a permis aux troupes britanniques et canadiennes d’investir la cote rapidement et poursuivre leur objectif.

Hobart inventa d'autres véhicules spéciaux :

Souvent victimes des mines anti-chars, un autre véhicule hors série est conçu pour cette opération : le Crabe, char de déminage est équipé d’un dispositif sur l'avant constitué d’un tambour rotatif et des chaînes jointes. Pendant que le tank avance lentement, les chaînes permettent de faire détonner toute mine se trouvant sur son passage sans affliger de dommage au char et ainsi dégager un chemin pour d'autres véhicules et l'infanterie suivante.

des chars Churchill sont modifiés et équipés d'un pont pour franchir fossés et murs antichars. le A.V.R.E. MK III qui portait un mortier, pouvant projeter des charges explosives de la taille d'une poubelle pour détruire les blockhaus et le Mark VII Crocodile, char lance-flammes équipé d'une remorque de 1800 litres de carburant, qui pouvait envoyer des jets de flammes à une distance de plus de cents mètres.

Plusieurs des idées de Hobart ont certainement fait une impression sur les Allemands le D-Day! D’ailleurs, le Général Eisenhower a écrit après le D-Day, "les accidents comparativement légers que nous avons soutenus sur toutes les plages excepté Omaha étaient dans une large mesure dû au succès des nouvelles adaptations mécaniques qui ont été utilisées... Il est peu probable que les forces d'assaut aient pu s’établir sans l'aide de ces armes."