CHALUTIER BELLE EPOQUE

 

 

 

 

Utiliser des épaves pour créer des récifs artificiels

Il est 22 h 34, le 15 octobre 2004, quand le chalutier "Marjolaine" signale au sémaphore de la Hève un chalutier, le "Belle Epoque", qui présente une voie d'eau. Ce dernier est aussitôt mis en contact avec le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) de Jobourg. Une minute plus tard, deux fusées rouges sont tirées à bord du Belle Epoque. Un autre chalutier, "Les Trois G" fait alors route vers la position indiquée par ces fusées de détresse. Une vedette de la Société nationale de sauvetage en mer, "Charles le Meur", basée au Havre et deux chalutiers, "Les Trois G" et le "Fabral", recueillent les quatre membres d'équipage sains et saufs. A 23 H 18, à 11,5 nautiques au nord-ouest du cap de la Hève, le "Belle Epoque" coule. Suite à ce naufrage, l'assureur, après avoir réglé l'armateur, est mis en demeure de renflouer l'épave du "Belle Epoque". En effet, plus question aujourd'hui de laisser quoi que ce soit au fond de la mer, essentiellement pour des raisons de sécurité et de préservation de l'environnement.

 

Une intervention sous-marine encore jamais réalisée

Spécialiste notamment des épaves - il en a référencé plus de 15 000, de la Méditerranée au Spiztberg - le CERES (Centre Européen de Recherches et d'Etudes Sous-marines) a localisé et expertisé l'épave pour l'assureur. Le fondateur et dirigeant de cette petite entreprise de la Manche propose alors une idée originale afin de minimiser la facture de l'assureur tout en garantissant la sécurité du lieu où se trouve l'épave et en préservant son environnement. "Au cours de nos recherches visant à localiser l'épave du Belle Epoque, nous avons identifié à proximité deux autres épaves référencées et parfaitement positionnées sur les cartes du SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine). Dans ces conditions, pourquoi ne pas essayer de déplacer l'épave du chalutier et de la mettre sur une autre de ces épaves", explique Bertrand Sciboz dont les arguments finissent pas convaincre la Préfecture maritime.

Néanmoins, pas question de traîner l'épave sur les fonds marins. L'ensemble du chalutier est étudié afin de choisir quelle est la meilleure façon de le prendre pour le déplacer. Des pattes en acier ont été spécialement fabriquées pour cette opération sous-marine qui va être bouclée en cinq jours, trois jours de préparation et deux jours pour le déplacement de l'épave. "Il nous a fallu trouver l'autre épave, la baliser et déterminer à quel endroit nous allions déposer l'épave du chalutier". Au cours de toute cette opération le sonar à balayage latéral dont dispose le CERES a joué un rôle considérable. Il a permis notamment d'apporter la preuve à la Préfecture Maritime que le travail demandé avait été correctement réalisé, à savoir que les deux épaves se touchaient et qu'aucun morceau du "Belle Epoque" n'avait été perdu sur les fonds marins durant son déplacement. "C'est une première en France, voire en Europe", tient à souligner Bertrand Sciboz, sa modestie l'interdisant d'annoncer une "première mondiale". Mais apparemment, jamais pareille intervention sous-marine n'a été entreprise jusqu'à ce jour.

 

Pourquoi ne pas créer des récifs artificiels à partir des épaves

L'aspect le plus novateur de cette opération est sans aucun doute le fait que cette nouvelle épave est désormais considérée comme un récif artificiel où plusieurs bancs de poissons ont été observés. Ainsi cette opération satisfait non seulement l'assureur, dont la facture finale a été moins élevée, mais aussi les pêcheurs de la région qui ont l'habitude de tendre leurs filets sur les épaves. "Pourquoi ne pas créer des récits artificiels à partir des épaves qui se détériorent progressivement au fil des années", s'interroge Bertrand Sciboz. L'intervention que son entreprise vient de réussir s'inscrit dans cette philosophie. Reste que la Préfecture maritime a précisé qu'en aucun cas cette intervention pourrait faire jurisprudence.

Pour l'heure, le CERES, après une année difficile en raison de l'annulation de plusieurs contrats notamment avec les Américains et différents services de l'Etat, vient de terminer deux séries de cinq émissions chacune pour le compte d'History Channel. "Un film sur les épaves du débarquement à l'occasion de la célébration des soixante ans de cet événement historique cette année. C'est la partie romantique et culturelle de notre activité", note avec humour Bertrand Sciboz qui mène aujourd'hui un combat, toujours en collaboration avec la Préfecture maritime, pour le renflouement "propre" des ancres

 

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  Pour la première fois en France et en Europe, une opération de déplacement d'épave sur une autre épave, a été réalisée, conjointement par les équipes de scaphandriers professionnels du CERES et de TRASOM.
      Les deux société spécialisées dans la recherche sous-marine et les travaux sous-marins ont réalisé avec succès le déplacement du chalutier "belle époque" coulé en baie de Seine par 40 mètres de fond le15 octobre 2003 alors qu'il péchait la coquille St Jacques, sans qu'heureusement aucune victime n'est été a déplorer.


      Une première recherche à effectuer à l'aide du sonar latéral de CERES et à permis de retrouver et positionner précisément l'épave, épave qui avait dérivé de plus de 100 mètres sur le fond au moment du naufrage.

Une expertise sous-marine s'en est suivie, avec photographies numériques et vidéos, pour tenter de déterminer les causes du naufrage et d'étudier la faisabilité de renflouement.
      Le chalutier "Belle époque" est armée tout d'abord au port de Carteret, sous le nom "La Shôle" puis vendu à St Vaast la Hougue, puis ensuite à Honfleur en 2003. Il fait 15 mètres 50 et pèse près de 60 tonnes.
      Lors de la première expertise, ordonnée par les assurances, il a été décidé que l'épave ne présentait pas d'intérêts de renflouement tant les dégâts était important.
      Malgré tout, une mise en demeure de relèvement a été éditée par la préfecture maritime l'épave constituant un danger pour les autres navires de pêches travaillant dans la zone. Les nouvelles lois Européennes ne permettant plus de laisser quoi que ce soit au fond de la mer, les renflouement sont préconisés dans tous les cas ou c'est techniquement possible (profondeur, éloignement visi, etc..)
      Aussi un arrangement a été trouvé entre les experts, la préfecture maritime de la manche et de la mer du nord, les assurances et les clubs P&l.

 

CERES et TRASOM ont été mandatés pour chercher une épave à proximité de la zone du naufrage du Belle époque, dans un premier temps, et ensuite de déplacer le chalutier "dans son intégralité" le plus près possible de cette épave.
      Cette opération a été réalisée avec succès puisque maintenant le Chalutier Belle époque repose par 40 mètres de fond, à toucher une épave de la seconde guerre mondiale sans qu'aucun morceau n'ait été perdu.
      Il est également important de noter que la zone étant poissonneuse, c'est plusieurs bancs de poissons qui ont été filmés sur l'épave du chalutier moins d'un mois après son naufrage.


      On peut donc considérer aujourd'hui que l'épave de ce chalutier constitue un nouveau récif artificiel.