ALBERTVILLE

 

Tout comme l'Elisabethville, coulé au large de la vendée, le 6 septembre 1917, l'albertville appartient à la compagnie XXXXXXXXXXXl

il lancé par les Ateliers et Chantiers de la Loire à St Nazaire en 1928 et comporte les mêmes caractéristiques que le célèbre Leopoldville coulé, lui aussi, quelques années plus tard en face de Cherbourg.

il fait alors 153 metre de long et file a plus de 17 noeuds

 

c'est au milieu des années vingt, que la XXXXXX, la XX, passe commande d'un grand paquebot d'une capacité de 360 passagers, pour 240 hommes d'équipages, pouvant répondre aux besoins d'un commerce de plus en plus important entre la Belgique et ses colonies d'Afrique , notamment le congo belge.

il est lancé en 1928 et s'appelle ALBERTVILLE,

Dans les années trente, le marché commence à stagner, il faut pourtant rentabiliser le bateau. Il sera alors reconverti en navire de croisière et d'expositions pour assurer la promotion des produits belges à l'étranger.

un paquebot mixte, en quelques sorte

dès 1936, afin d’assurer des croisières de plus en plus confortable, mais aussi pour contrer la concurrence des paquebots de luxe de l’époque, l'Albertville  est remit en chantier à Anvers chez Mercantile Engineering et subit une cure de rajeunissement,.

De nombreux travaux sont alors effectués, le restaurant et les cabines sont remis à neuf, une des deux cheminées est supprimée, le pont supérieur et l’avant du bateau sont rallongés l’étrave est affinée, les machines au charbon sont remplacées par des turbines au fuel.

Le paquebot perd une cheminée, tout comme le Léopoldville, et gagne deux nœuds.

A la sortie du chantier le navire fait maintenant 158m de long et pèse 11 500 tonnes.

mais déjà, la guerre approche…

 

L'Albertville quitte Anvers le samedi 11 mai 1940 avec 216 passagers dès le lendemain de l'invasion allemande, et se rend à la pallice, puis ensuite à Bordeaux

 

il faut savoir que Lors de l'invasion de la Belgique par les Allemands, le 10 mai 1940, la Compagnie XXX donne immédiatement l'ordre aux bateaux se trouvant à Anvers de quitter le port et de se rendre dans les ports français,

faisant plus confiance en la capacité défensive de ces derniers qu'à celle des Anglais.

L'Élisabethville, l'Albertville et le Baudouinville quittent donc Anvers avec comme passagers la direction et le personnel de la XXXXX.

A son arrivée le 16 mai, il est tout de suite  réquisitionné par les autorités françaises suite à la capitulation de l'armée belge..

 Début juin, le gouvernement français l'affrète pour aller récupérer en Angleterre ses troupes évacuées de Dunkerque quelques semaines plus tot,

il est alors armé de façon vétuste et grossière

2 mitrailleuses, 2 canons de 75mm datant de la 1ère guerre, et des munitions tout autant périmées que l'armement.

Il se rend alors vers Brest ou il sera démagnétisé, afin d'éviter les champs de mines, qui commencent à hanter les cotes française

 Le 9 juin 1940, il quitte Brest tout comme le GENERAL METZINGER autre paquebot réquisitionné, qui connaîtra lui aussi un triste sort,

ils doivent participer à l'évacuation de la ville déjà bombardée, mais, Ce jour-là, le 11 juin 1940, comme à dunkerque l'entrée du port est encombrées par toutes sortes de navires

et ils sont des milliers de civils, terrifiés par l'avance très rapide des troupes allemandes, et par les bombardements sur la cité, à embarquer à bord des navires, et fuir par la mer.

En attendant de pouvoir accoster, l'Albertville se poste près des côtes pour profiter de la protection des forces armées terrestres.

mais nous verrons demain que ces précautions sont inutiles puisque qu'en milieu de journée, l'aviation allemande l'attaque

 

Nous sommes le 11 juin, 1 mois pile après l'invasion de la Belgique par l'armée allemande et c'est la fin de matinée.

les bombardements durent déjà depuis plusieurs heures, et les habitants apeurés accourent vers les postes d'embarquement, la fumée est dense, gênant l'accostage des navires, et le déplacement de la population plus désordonnés que jamais

Le paquebot se poste à proximité des cotes pour profiter de la protection des forces armées terrestres, et attend l'ordre d'évacuation des civils effrayés par les bombardements.

ordre donné par les autorités militaires complètement désorganisées.

En début de matinée lorsqu'il aperçoit des avions ennemis, il se défend alors, à l'aide des ses mitrailleuses, tirant des obus de 20mm antiaériens.

Mais l'ennemi disparaît , il est 10 heure du matin.

Trois heures après, offrant une excellente cible aux chasseurs bombardiers allemand, il est de nouveau la cible des avions.

Des bombes sont larguées mais manquent le navire, qui ne subira que quelques dégâts mineurs.

Le paquebot tente alors de se rapprocher de la cote, et des batteries de DCA qui pourraient l'aider, mais trop tard, 3 bombes touchent l'ALBERTVILLE,

2 tombent dans la cale n°3

et la 3ème qui occasionne le plus de dégâts détonne dans l'eau provoquant une  énorme déchirure de la coque sous le niveau de flottaison.

Tactique de nombreuse fois utilisées par l'aviation allemande.

L'eau inonde aussitôt les cales, endommageant sur son passage machines et machineries

En quelques minutes, le navire gîte de 30 degrés sur tribord.

Le paquebot n'est alors plus qu'un amas de ferrailles qui flotte encore

20 minutes après, c'est 4 canots qui évacuent l'ensemble des passagers vers la terre toute proche puis les officiers sur la pilotine SENATEUR LOUIS BRINDEAU.

déjà embarqué sur le navire pilote, le commandant Bosquet s'aperçoit que le bateau ne coule pas et dérive, il décide donc de remonter à bord

Le commandant Bosquet, qui il y a quelques minutes viens d'embarquer sur la pilotine constate que le bateau ne coule pas et dérive, malgré un mouillage largué à la hâte lors de l'attaque allemande, mais les courants sont trop forts.

Il décide donc de remonter à bord mouiller une 2ème ancre, pour éviter qu'il ne se perde vers le large poussé par la marée.

Il compte bien récupérer les mitrailleuses et les munitions mais surtout les papiers du navires.

ça y est, il est à bord, et commence, aider par ses officiers les plus proches, les opérations de récupéraion,

il sauve ainsi du naufrage, armes et munitions, mais également ses précieux papiers.

Devant son succès apparent, l'équipage décide de retourner à bord pour rejoindre son commandant et l'aider dans sa mission de sauvetage de matériel.

Mais alors que les matelots rescapés se rapproche à nouveau du paquebot blessé, un volume d’air emprisonné dans la poupe du bateau se libère, projetant à plusieurs dizaines de mètres de haut un formidable jet d’eau.

L'Albertville pivote sur son arrière, la coque passe de bâbord à tribord puis la poupe s’enfonce entraînant encore un des navire de la compagnie XXXX vers les eaux troubles de la manche, mais sans pertes humaines cette fois.

Il est 15 heure 45.

 

c'est en tous 23 des 31 navires de la flotte de la compagnie , qui seront perdus durant la deuxième guerre mondiale.

C'est du port du havre que je part en cette matinée de juin, pour aller découvrir l'épave de ce fameux navire belge, coulé en 1940 par l'aviation allemande, l'Albertville

La météo n'est pas terrible, mais nous sommes à l'abris du vent soufflant d'Est comme souvent en cette période de l'année.

La profondeur dans cette partie de la manche excède rarement une vingtaine de mètres, aussi c'est assez confiant que j'aborde cette plongée, que je sais pourtant difficile compte tenu de la mauvaise visibilité habituelle a proximité de l'estuaire de la seine.

L'épave, est facile à trouver même sans positionneur, car souvent, en cette saison c'est de nombreuses bouées de casier et de filet qui la balisent.

C'est l'une de ces bouées que j'attrape, à l'étal de marée, pour descendre au fond.

ceux qui ont plongés sur son sister-ship le Léopoldville, ne doivent pas s'attendre à trouver le même genre d'épave.

En effet autant le Léopoldville, est encore un grand cargo posé sur le fond de la mer, alors que l'Albertville, moins profond, mais surtout plus endommagé par les bombes allemandes, les tempêtes d'Ouest et les scaphandriers ferrailleurs d'après guerre, n'est en fait aujourd'hui qu'un immense tas de tôles qui reposent entre 15 et 20 mètres de fond au large d'octeville.

On peu espérer, lorsque l'eau est à peu près claire reconnaître quelques parties de la coque, mais c'est très rare.

En tous cas aujourd'hui, l'eau est sombre, et c'est 4 a 5 mètres de plancton verdâtre que je dois passer pour arriver sur le fond composé de sable recouvert de vase assez fine.

Suivant le bout, je trouve le casier contre ce qui semble être un morceaux de coque.

grâce à mon projecteur, j'y vois à 1 mètre 1m50, maximum, et je me méfie des filets, oubliés ou encore en service, nombreux sur l'épave.

Puis je m'attarde sur un morceaux de bronze dépassant du sable. c'est un reste de hublot

incroyable sur cette épave tellement plongée.

Je suis un tacaud qui passe par là et me retrouve nez à nez avec un homard, dernier passager du paquebot coulé.

J'essaye de faire le tour de l'épave mais je me perd rapidement dans cet inextricable amas de ferrailles.

Je tombe sur un autre casier, suis son bout et remonte, un peu déçu!

J'aurais tellement aimé y venir à cette époque ou mon ami Gilbert Vandeville, pionnier de la plongée au havre, patron de trasom, la plus vieille entreprise de travaux sous-marins, plongeait sur L'Albertville.